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 [MAG] Un Nécromancien Moderne, Ou Commentaire d'un Fragment de Traité de Nécromancie Pratique, par Lienasem Mirelame

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Lienasem Mirelame

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Date d'inscription : 11/05/2014

MessageSujet: [MAG] Un Nécromancien Moderne, Ou Commentaire d'un Fragment de Traité de Nécromancie Pratique, par Lienasem Mirelame   Jeu 22 Déc - 20:30

Citation :
Chers pairs,

Je livre ici un court écrit assez particulier en cela que l' "oeuvre" centrale qui la compose n'est pas issue - et fort heureusement - de ma personne, mais d'un tiers. Il s'agit, vous le constaterez, de l'extrait d'un traité portant sur l'animation de morts-vivants mineurs parvenu en ma possession par une connaissance qui l'a déniché en voyageant.

Je ne sais que peu de choses sur l'auteur sinon qu'il s'agissait d'un nécromancien adepte de la branche Thuzadine de cette école de magie. Il a probablement appris son "art" au sein de la Scholomance. Bien que ses méthodes diffèrent fortement, vous pourrez le constater, de celles employées d'ordinaire par les adeptes de cette branche.

L'extrait que je vous fais parvenir ici représente le début du traité. J'ai dû m'employer à remettre en ordre les parchemins originaux afin de rendre le tout compréhensible, l'original ayant également souffert des affres du temps.
Le tout se décompose en deux parties, une première que j'ai identifiée comme étant un préambule destiné au lecteur, et une seconde traitant de la réanimation d'un squelette.

J'ai volontairement censuré la partie décrivant comment ramener à la vie le défunt, qui n'était rien de moins que la description détaillée d'un rituel nécromantique des plus abjects, pour ne laisser que les parties au sein desquelles l'auteur explique comment s'occuper du cadavre en lui-même. Partie certes peu éthique et ragoutante, mais plus acceptable.

Cet écrit ayant également pour but de commenter le traité, vous trouverez également des annotations et commentaires écrits par ma personne autour du corps de texte principal. Mon objectif étant ici de mieux comprendre les méthodes des nécromanciens modernes par un cas particulier, mais également de mieux comprendre les motivations et les mœurs de ces personnes.

Précisons également que ce traité se doit d'être lu en gardant bien en tête que les pratiques décrites sont aussi illégales qu'immorales, et que la pratique de la nécromancie arcanique corrompt rapidement celui qui s'en sert.
La suite de cette étude est également, et bien évidemment, inadaptée aux lecteurs sensibles, particulièrement aux mineurs.


Le traité commence, comme je l'ai mentionné, par un préambule que voici :

Avant même que tu ne commences à parcourir ces lignes, sâche, petit aspirant, que ce qui les méthodes qui y sont décrites ne sont adressées qu'à ceux et celles qui ont pleinement embrassé la voie noire de la magie de la mort. Peu importe les raisons qui t'ont poussé à l'emprunter, tâche de suivre à la lettre les consignes que l'illustre maître que je suis s’apprête à te délivrer, car l'art de relever les morts en est un délicat qui ne connaît pas d'adeptes maladroits. Pour la simple et bonne raison qu'ils meurent très rapidement s'ils ne sont pas soigneux.

Sache également, insignifiant lecteur, que je n'enseignerais au travers de ces lignes rien qui soit relatif au contrôle des morts-vivants. Si tu n'es pas d'ors et déjà apte à maîtriser les serviteurs que tu relèvera peut-être en suivant ma méthode, alors tu ferais mieux de refermer ce grimoire et retourner étudier. Et ce pour ton propre bien.


Précisons également que ce guide se focalisera sur la réanimation d'un cadavre dans le but d'obtenir un mort-vivant mineur peu puissant. Ainsi, ramener à nous l'âme complète d'un défunt ne sera pas nécessaire, un fragment suffisant amplement. Si tu lis ces lignes, il est de toute façons probable que tu ne serais absolument pas en mesure de contrôler un mort-vivant de grande puissance.
Mais commençons. Le premier cas de figure que nous allons voir est celui du squelette simple.

L'auteur livre ici une introduction solennelle et plutôt pompeuse. On y sent qu'il cherche dans une premier temps à impressionner le lecteur. Ce ton, employé uniquement dans le préambule, changera par la suite drastiquement comme vous pourrez le constater.

Cependant il ne se contente pas d'impressionner le lecteur, mais le met également en garde plusieurs fois. Il considère - à raison - la magie qu'il emploie comme dangereuse, et tente visiblement de préserver ses lecteurs à un sort funeste s'ils ne sont pas attentifs.

Le tout ici est assez classique et comporte peu d'éléments techniques. Si ce n'est l'allusion faite à la capture d'une âme, puis au fait qu'un mort-vivant puissant est plus difficile à contrôler, ce qui est dans la majorité des cas véridique.
Par la suite, l'auteur entre dans le vif du sujet. Vous trouverez ci-après le première partie du traité, qui concerne les squelettes.

Le Squelette Réanimé :

Composants nécessaires : Un cadavre suffisamment ancien pour s'être presque entièrement décomposé. Un fragment d'âme quelconque. Un lieu propice à la pratique expérimentale de la nécromancie. Éventuellement : un pied-de-biche/piolet, un couteau bien aiguisé, de la résine.

Avantages : Exécution incantatoire simple. Structure du cadavre simple. Cadavre facile à trouver. Remarquable fiabilité et résistance du serviteur obtenu. Excellente esthétique. Absence d'odeur.

Inconvénients : Rapport efficacité/mana investie plutôt mauvais. Sensibilité très élevée à la lumière.  Difficulté à trouver un squelette si votre peuple incinère ses morts.


Première étape : récupérer le cadavre.

Si vous avez la chance de vivre dans un territoire peuplé par des humains, vous vous serez certainement rendu compte qu'ils ont l'agréable habitude d'enterrer leurs défunts. Aussi, trouver un squelette ne sera pas bien compliqué. Si vous vivez à un endroit où les morts sont incinérés, une solution existe, quoique plus complexe, que je détaille à l'étape deux. Contentez vous de vous aventurer dans un cimetière de campagne au cours d'une nuit orageuse, et profanez une tombe. Le temps nécessaire pour qu'un cadavre soit débarrassé de toute chair superflue varie en fonction des température. Deux à trois mois suffisent si vous vivez dans un pays au climat agréable. Misez sur une bonne année si votre contrée subit les affres du froid.
Pelles et pioche seront vos meilleurs alliés pour arriver jusqu'à votre objectif. Une fois le cercueil mis à jour, un pied de biche pourrait s’avérer nécessaire afin de le fracturer.
Si vous vous approvisionnez en corps à proximité de votre lieu de vie, je ne peut que vous conseiller de vous attaquer en priorité aux sépulture de personnes n'ayant pas de proches encore en vie. Étrangers et marginaux seront également des cibles de choix puisque personne n'ira s'inquiéter du sort de leur tombe.
Une fois le squelette exhumé, un charme de préservation sera sans doute nécessaire pour le transporter sans risques. Si vos pouvoirs vous le permettent, l'utilisation d'un sortilège de téléportation est la solution la plus efficace pour éviter d’abîmer le matériel. Restez cependant prudent avec cette méthode, ces imbéciles du Kirin Tor surveillant bien plus étroitement les téléportations illégales que les nécromanciens discrets tel que vous et moi.


Seconde étape : préparer le cadavre.

Une fois le squelette ramené dans votre laboratoire, il va vous falloir apprêter le squelette pour la réanimation. Le procédé dépendra en grande partie de l’état dans lequel le cadavre se trouve.
Premièrement, saisissez vous de votre couteau et débarrassez l'os de tout ce qui pourrait rester accroché comme chair, tendons, et autre matière organique indésirable. N'hésitez pas à inspecter chaque recoins – notamment la boite crânienne – à la recherche d'éventuels insectes et autre arachnides. N'hésitez pas à conserver ces derniers dans des bocaux pour une utilisation ultérieure.
Ne soyez également pas négligeant, cette étape pouvant sembler superficielle, je vous rappelle que nous ne sommes pas des bouchers et que la magie de la mort requiert une grande précision. Surtout lorsque l'on est un jeune apprenti orgueilleux. De plus, ce genre d'exercices rigoureux vous habituera à travailler avec des cadavres, et vous fera acquérir des automatismes qui vous feront gagner un temps précieux dans la suite de votre progression sur votre voie.
Nettoyer le squelette au savon voir le désinfecter intégralement relève davantage de l'optionnel, n'hésitez tout de même pas à en arriver là si vous voulez obtenir un serviteur aussi beau que durable.

Si par malheur vous ne pouvez pas vous procurer de squelette, une solution existe. Procurez vous un cadavre frais, et ramenez le en votre demeure. Ce type de réquisition peut s'avérer quelque peu complexe, mais est faisable. Arrangez vous pour passer rapidement à la suite d'un combat à mort quelconque, sillonnez les côtes après des naufrages et récupérez le cadavre d'un noyé. Abattre vous même un vivant est une mesure extrême que vous devriez vous refuser. C'est ce type de comportement inconscient qui provoque l'ire de la population. Ire qui conduira aisément à votre découverte par des enquêteurs, des curieux, ou pire : un inspecteur du Kirin Tor.
Une fois le cadavre récupéré, vous avez plusieurs solutions. Lui lancer un sortilège de putréfaction si vous en êtes capable, le plonger dans un acide puissant auquel l'os résiste un minimum, ou l'entreposer dans une pièce bien chauffée remplie d'insecte décomposeurs. D'où l'intérêt de conserver ceux que vous trouverez sur les corps. Ils y sont pour une bonne raison.
Laisser la nature faire les choses est également envisageable si vous avez quelques mois devant vous.

Afin de vous assurer de la bonne tenue sur la durée de votre futur serviteur, il pourrait être nécessaire de colmater les éventuelles brèches dans l'intégrité du squelette avec de la résine. Mélanger plusieurs résines naturelles permet d'obtenir une teinte fidèle à la couleur de l'os. Assurez vous d'avoir bien nettoyé l'os afin de vous baser sur sa couleur véritable.
Du plâtre peut faire l'affaire si vous n'avez pas de résine, sachez toutefois qu'il est possible de s'en procurer pour une somme raisonnable auprès de tout bon alchimiste-herboriste.

Une fois ces étapes effectuée, vous devriez obtenir un squelette tout à fait prêt pour une réanimation classique. L'utilisation que vous souhaitez en faire fera ensuite varier les nécessités d'entretien. Si vous êtes de ces barbares qui souhaitez vous en servir pour guerroyer je ne sais où, souvenez vous que l'adresse d'un squelette avec une arme est limitée, et que si vous voulez en faire quelque chose, il vous en faudra probablement un grand nombre.

On constate que dans un premier temps l'auteur procède à une énumération précise de plusieurs choses. Le matériel requis dans un premier temps, puis quelques avantages/inconvénients. On notera une première petite chose étrange, la mention par l'auteur des qualités "esthétiques" du squelette, et de l'absence d'émanation odorante.
C'est un détail surprenant parce qu'en général les nécromanciens du fléau poursuivaient, à la Scholomance, des objectifs d'efficacité militaire et tactique. L'odeur et la "beauté" du serviteur obtenu n'ont jamais été un critère prépondérant notable, au contraire, les séides du Roi-Liche tendaient à privilégier les apparences hideuses et terrifiantes pour l'impact psychologique qu'elles permettaient.
Ce rapport à l'esthétique est un thème que l'on retrouve plusieurs fois, l'auteur allant jusqu'à conseiller d'utiliser de la résine de couleur pour restaurer le squelette avant la réanimation. Il propose même de laver voire désinfecter les ossements. Des égards qui sortent complètement de l'ordinaire, la plupart des nécromanciens du fléau se contentant bien souvent, à l'époque, de faire sortir les cadavres de terre et de les envoyer au combat.

Cette différence d'approche s'illustre également lorsque l'auteur désigne les nécromanciens utilisant les morts pour la guerre comme des "barbares", ou encore lorsqu'il désigne le fait de tuer une personne pour la réanimer ensuite comme un acte extrême à éviter. L'auteur semble en effet limiter sa pratique de la nécromancie à des cadavres récupérés dans des cimetières (ou autre). L'objectif poursuivi au delà du fait de ramener un mort à la vie diffère également nettement, l'auteur semble en effet davantage rechercher un résultat "beau" relevant d'une forme d' "art". Notons d'ailleurs qu'il considère la nécromancie comme une magie "noble".

Toutes ces différences permettent de mettre en évidence l'existence dans notre environnement de nécromancien qui ne correspondent pas totalement à l'image classique que l'on a en général lorsque l'on s'imagine une telle personne. Des personnages qui s'apparenteraient davantage à des curieux (voir ici, des "artistes") peu désireux de nuire directement aux vivants ou de poursuivre un objectif plus vaste. Voire même réticents à s'organiser en groupuscules, aucune des pratiques décrites par l'auteur ne suggérant de faire appel à un subalterne ou à un autre nécromancien.

Cet écart méthodologique et même idéologique est quelque chose de plutôt rare à notre époque, la vaste majorité des nécromanciens s'étant alignés derrière Kel'thuzad et son culte des damnés au cours de la troisième guerre. Un tel choix présentait en effet de nombreux avantages pour eux, comme par exemple les moyens colossaux mis à leur disposition pour mener leurs recherches, le fait de ne plus avoir à se soucier d'être discret en menant ces dernières (à partir de la chute de Lordaeron du moins), le fait d'avoir des collègues avec qui échanger ou encore d'avoir des montagnes d'assistants ou cobayes sous la main.
C'est également pour ces raisons que je nomme ce type de nécromanciens comme de la branche "Thuzadine", afin de regrouper tout ceux qui, entre l'an 20 et l'an 28, se sont trouvés dans le giron du fléau et ont donc suivi pour la grande majorité les enseignements de Kel'thuzad.

Ce changement idéologique est également un retour en arrière vers les pratiques que l'on pouvait observer avant l'avènement du fléau et la rationalisation pragmatique des pratiques nécromantiques par Kel'thuzad.
Les premières personnes, ou premiers humains en tous cas, à s'intéresser au fait de ramener des personnes à la vie étaient en effet animées par des objectifs qui n'avaient pas grand chose à voir, en général, avec la guerre. Il s'agissait souvent de chercheurs trop curieux, voire de sorciers ayant perdu une personne lui étant très chère et désireux de la faire revenir d'entre les morts. Ces recherches n'aboutirent pas pour la majorité, du moins de ce que l'on en sait, et c'est le culte des damnés qui le premier a réussi à mettre en place une méthode fiable de réanimation des morts à grande échelle. Mais les buts poursuivis par ces précurseurs nous informent tout de même sur ce qu'était un nécromancien lambda avant l'ascension du fléau.
Et peut-être bien ce qu'ils sont en train de redevenir après sa chute. En effet, si l'on met à l'écart les anciens nécromanciens du culte ayant survécu à la guerre et continuant d'exercer en restant cachés, la majorité des nécromanciens sévissant de nos jours se sont formés à l'écart de l'influence du roi-liche et de ses lieutenants. Que ce soit en récupérant des anciens textes tels que celui-ci, ou en tentant de percer les mystères de la non-mort par eux-mêmes. Ce qui pourrait donner naissance à une "génération" de sorciers curieux de ces arts noirs bien différents de précédents. Plus discrets, moins organisés, et donc d'une certaine manière, moins dangereux pour la société dans son ensemble.

Bien évidemment ces différences n'excusent en rien leurs actes, et ne rendent pas le fait de pratiquer cette forme de nécromancie plus légale ou éthique. Cependant elles peuvent permettre de rectifier l'image parfois viciée que nous pouvons avoir du nécromancien classique. Et également de lutter plus efficacement contre leur influence néfaste.

En effet ne nous y trompons pas : l'usage d'une telle magie corrompt le corps et l'esprit de l'utilisateur irrémédiablement. Et l'auteur se trahit lui-même par l'utilisation de termes comme "vivants" pour désigner les autres individus non-pratiquants, sa manière totalement neutre de décrire la profanation d'une tombe, et les détails précis et d'une froideur absolue qu'il donne sur une foule de choses allant de la récupération de cadavres de noyés pour les dissoudre dans de l'acide, ou l'établissement d'une collection d'insectes décomposeurs afin d’accélérer ses travaux. Ce pragmatisme, cet attrait pour la mort couplés à un dédain pour ce qui vit sont en effet caractéristiques des effets que la pratique de la nécromancie a de manière systématique sur l'esprit de ses utilisateurs.

Et si l'étude de cette école de magie d'un point de vue théorique peut avoir son intérêt, sa pratique ne peut être justifiée ne serait-ce que par le danger qu'elle fait courir à l'utilisateur et son entourage. Car lorsque l'on commence à considérer la vie comme un fardeau, on est bien vite tenté d'en délivrer son entourage. Et dans ce cas de figure, ce ne sont pas les bonnes intentions qui comptent.

L'auteur continue ensuite avec une seconde partie portant sur les goules et les zombies, que nous verrons peut-être dans une prochaine étude, lorsque j'aurai terminé de rassembler les éléments et si je les considère pertinents.

Rédigé par Lienasem Mirelame en l'an 36 de notre ère

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