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 [PHIL] Pensées, Par Gnomius Ombrageâme

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Gnomius Ombrageâme

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Date d'inscription : 20/06/2013
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MessageSujet: [PHIL] Pensées, Par Gnomius Ombrageâme   Sam 10 Jan - 19:33

Chers pairs, Chère Chancelière, Cher Ordonnateur,

Voici un petit texte sans grande prétention qui j'espère trouvera sa place dans nos bibliothèques dédiées à la Philosophie. Normalement, vous n'aurez pas à cacher celui-là, huhu ! Je plaisante, bien sûr. Je vous souhaite une bonne lecture.


G. Ombrageâme.


Citation :
Pensées

par Gnomius Ombrageâme

Préface : Pourquoi ce texte ?

         Un soir, alors que je me promenai dans une Forgefer endormie flottant dans une nuit d'automne, je me rendis à la Caverne Lugubre pour profiter de la fraîcheur du lieu. Pas que l'atmosphère était particulièrement chaude, mais j'avoue que le lac souterrain qui s'y figure m'a toujours plu. De plus, l'obscurité est toujours une source de réconfort pour les vieux pratiquants de magies...Particulières, comme moi.

          C'est au travers de la noirceur du lac que je mis à penser. Pas une pensée simpliste ou incongrue, loin de là. Je me pris à penser du Bien et du Mal. Peu avant l'aube, je regagnai mes appartements pour prendre mes affaires pour rendre visite à deux de mes connaissances : la première était Mograna Sculpterreur, résidant aux Paluns et la seconde le Père Bartholomew McCarth vivant à Hurlevent. Vous trouverez quelques annotations les concernant dans le texte.

          Ceci est une forme de compte-rendu de notre discussion, mise sous la forme d'un texte en trois parties, subdivisant ce dernier en trois sections. La première étant celle consacrée à Dame Sculpterreur et la seconde au Père McCarth.
Ma question fondamentale était :

Qu'est-ce qui est Bien ou Mal ? Qu'en est-il de la Morale ? Objective ou Subjective ?


         Vaste question n'est-ce pas ? Pourtant, je pense que cette question doit être posée. Bien sûr, il n'y a pas qu'une seule réponse valable. Les pensées que vous allez lire, ne sont pas forcément en faveur de ma personne, ainsi, je fournis une vision des choses qui pourrait exister. C'est au lecteur de décider si cela est juste ou non. Encore une fois, les pensées suivantes ne sont que des idées, des analyses de faits qui sont subjectifs. Voyez cela comme une philosophie ou autre manière de penser. Ce travail est issue de discussions entre moi, le Père McCarth et Dame Sculpterreur.




Remerciements


Je remercie aimablement Madame Mograna Sculpterreur et le Père Bartholomew McCarth pour m'avoir ouvert leurs pensées et leurs portes pour discuter et travailler ensemble sur ce travail.


Les Pensées

I - Introduction

         Mieux vaut-il s'enfermer dans une vision manichéenne du monde ou plutôt s'accorder à dire qu'il ni Bien ou Mal ? Je possède un ami humain -dont je tairai le nom- possédant un morale manichéenne, définissant toute personne ou chose comme « bonne » ou « mauvaise » : pourtant aucun être ne peut naître mauvais, c'est sa vie et ses actes qui détermineront cela. La Morale est-elle une règle universelle que nous devons intégrer pour distinguer ce qui est bien ou pas, mais suivre la morale est-il toujours un choix juste ? Cependant, sans morale nous serions perdus : l'être a besoin de repères moraux, sinon l'anomie guetterait n'importe quelle civilisation -ceux ayant déjà été à Terremine sur l'île de Kezan savent de quoi je parle- de notre monde et au-delà. La morale peut être définie comme un ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie. De cette morale découle les mœurs, qui sont des pratiques sociales et des usages communs à un groupe d'individus : ce sont des phénomènes descriptibles où les hommes et les femmes se réfèrent au Bien et au Mal. Mais encore ? Qu'est-ce qui est Bien et qu'est-ce qui est Mal ? Les membres de la Confrérie Défias sont mal vus par les populations de l'Alliance, pourtant de leurs points de vue, leurs actions sont « bonnes » voir « justes ». Lorsqu'une guerre éclate, et qu'un pays est conquis, doit-on arranger son sort en collaborant avec l'envahisseur ou doit-on se battre jusqu'à la mort : qu'est-ce qui est Bien ? Selon moi, nous pouvons distinguer deux morales distinctes : une morale absolue, telle un règlement, régissant de grands principes représentant «  ce qui serait souhaitable de faire » et une seconde illustrant «  ce qui se fait dans la réalité ». La première serait nécessaire pour différencier le bien et le mal « absolus », la seconde serait plus réelle et en accord avec les différentes sociétés de l'Alliance de notre temps. Nous pourrions alors nous demander dans quelles mesures la morale est-elle subjective ? Nous verrons dans un premier temps la vision de Mograna Sculpterreur(1), pour ensuite étudier la réponse que pourrait apporter le Père Bartholomew McCarth (2) pour enfin développer une analyse des deux pensées combinées.

II - La Pensée Cosmique de Mograna Sculpterreur

         Abordons le problème avec la vision du « Cosmos » (3) de Mograna Sculpterreur. Le Cosmos peut paraître très abstrait en soi mais pourtant je pense que nous pouvons l'interpréter de la manière suivante : le  Cosmos désigne l'univers tout entier – de la Forêt d'Elwynn aux confins de Draenor-, autrement dit un monde ordonné et harmonieux : une forme d'entité en soi. Les races intelligentes – un Orc n'est pas une lumière en soi, je vous l'accorde, mais il possède une forme d'intelligence- font parties de ce Cosmos, mais ne sont pas synchronisées avec, au contraire de la nature ou des flux telluriques. Ainsi, selon Mograna Sculpterreur, les races n'ayant pas une place prédéfinie dans le Cosmos, doivent chercher à s'approcher de lui. C'est l'image d'une morale absolue, comme les principaux préceptes de la Lumière des Humains, par exemple. Le défaut de cette interprétation de ce « Cosmos » reste son côté « abstrait » ou généraliste. Se synchroniser avec le Cosmos ne décrit pas nécessairement le Bien ou le Mal en soi, il donne seulement un objectif général aux races intelligentes : trouver sa place dans l'ordre naturel des choses. Si l'on suit cette logique, celui voudrait dire que pour être dans le « bon » et le « juste », il faudrait être ou tendre à être intégrer au « Cosmos » - dans l'univers ordonné donc- et le mal serait symbolisé par le chaos, c'est-à-dire le contraire de l'Ordre. Le chaos permet selon moi de mieux cerner la morale qui se dégage de ces idées :
- le Chaos est le désordre, l'anarchie, l'insécurité, la peur, la violence, c'est une connotation négative.
- Le Cosmos est donc tout le contraire : l'Ordre et l’Équilibre.
         Cette conception est intéressante d'après moi, car elle donne une base adaptée à l'ensemble des races intelligentes, pour dire cela je me base sur le principe même de la civilisation : aucune société ne s'est créée à partir du Chaos pur. Selon Mograna Sculpterreur, la morale est objective : ce qui est proche du Cosmos sera toujours bien car ce dernier est ordonné. Cependant, la subjectivité est contenue dans ce fameux «  ce qui » : qu'est-ce qui est réellement proche du Cosmos ? L'ordre est un grand principe mais dans les faits, qu'en est-il ? C'est seulement à travers cela que l'on trouve la subjectivité, bien qu'infiniment discrète. Tuer n'est pas être proche du Cosmos, mais tuer pour éviter un événement qui sèmerait le chaos est-il plus « juste » ? Il semblerait que oui, au vu de l'histoire de l'Alliance. Pour conclure, je dirai que Mograna Sculpterreur développe l'idée d'une morale objective laissant place à peu d’interprétations subjectives : les races intelligentes doivent retrouver le chemin qui leur permettra de se joindre au Cosmos – à l'ordre des choses- pour être dans le bon et le juste.

Ainsi, Mograna Sculpterreur nous dirait que la morale est plus objective que subjective, cependant que pourrait répondre à cela une personne radicalement opposée à cela, telle que le Père Bartholomew McCarth ?

III - La Pensée humaine du Père McCarth

         Le Père Bartholomew McCarth prescrit une doctrine éthique qui intime d'agir de manière à maximiser le bien-être global des êtres sensibles, ici les peuples. Ainsi, la morale prend une toute autre forme que la morale de Madame Sculpterreur. Plus question de Cosmos et de chaos, le bien-être, le plaisir -associé au bonheur par le Père McCarth- (attention, le plaisir du Père McCarth n'est pas un plaisir sexuel, mais plutôt mental ou intellectuel) prennent place et définissent une morale extrêmement subjective, à mon sens. Selon le Père McCarth, le bon et le juste sont présents lorsque un ou des agents ( le terme agent définit ici un être intelligible, comme un humain) éprouvent du « plaisir » sans que d'autres en souffrent ou ressentent de la douleur. La moralité d'une action peut donc être mesurée en fonction de ses effets. Comme dit précédemment, cette pensée crée une morale subjective qui tend vers une interprétation pragmatique : qu'est-ce qui procure du plaisir sans entraîner la souffrance d'autrui ? Cette pensée est selon moi opposée à celle de Madame Sculpterreur qui au contraire  nous invite à tendre vers un idéal, voir une utopie : une synchronisation avec le Cosmos. Nous sommes ici bien loin d'un idéal, le Père McCarth nous invite à réfléchir sur notre bien-être et celui des autres (éviter de faire souffrir) pour tendre vers le bon et le juste. Cependant, reste à déterminer ce qui est source de plaisir pour soi et source de douleur pour autrui : la subjectivité intervient ici. Par exemple, prenons un voleur à la tire : il vole la bourse d'une vieille femme. C'est une source de plaisir future car il va pouvoir voler son argent et donc acheter des choses avec mais est-ce une source de douleur pour la gente dame ? Certains diraient que non, on lui a juste prit un bien matériel mais qu'en est-il de la violence psychologique engendrée ? Doit-on la prendre en compte ou pas ? Autre exemple me venant à l'esprit, doit-on considérer comme « mal » - selon le Père McCarth- un homme dissimulant une partie de son or à l'impôt de la Couronne ? Telles sont les questions qui pourraient se poser. Selon Mograna Sculpterreur, ce serait mal car cet homme aurait menti mais pour le Père McCarth : il n'a nuit à personne en occultant cet argent (du moins de manière directe), alors qu'en est-il ? Même s'il déclare définir une morale valant universellement, je pense que ce n'est pas un point de divergence avec la morale de Mograna Sculpterreur, elle aussi universelle à mon sens. Cependant, cette question revient dans mon esprit à propos de la subjectivité : selon notre pays, notre lieu de naissance, notre religion, notre éducation, nous pouvons avoir plusieurs interprétations des choses. Le bien-être général est le centre de conflits entre différents dogmes (religieux, politique, etc...) ce qui prouve que les avis peuvent être divergents sur une même question : les rapports sur les couples homosexuels, par exemple . Ils existent, mais selon nos prédispositions sociales, raciales, religieuses et intellectuelles, notre vision sera différente de la chose. Techniquement, cela ne fait souffrir personne, au contraire ; Pourtant des traditionalistes pourraient aisément s'opposer à cela alors que cela n'a pas d'effets négatifs sur eux, vue avec pragmatisme. Pour finir, je dirai que la pensée du Père McCarth offre la vision d'une morale plus subjective et moins idéaliste que la morale de Dame Sculpterreur.

Ainsi, le Père McCarth possède une notion différente de la moralité, plus subjective, plus terre-à-terre. Nous allons maintenant tenter de rapprocher ces deux pensées pour fournir une opinion intermédiaire combinant des composants venant de chacune d'elles.

IV - Une Pensée intermédiaire envisageable ?

         Les pensées de Madame Sculpterreur et du Père McCarth sont divergentes, certes. Cependant, je pense qu'un point de vue moral intermédiaire est possible. La difficulté de l'épreuve reste d'associer deux idées s'opposant, issues de deux auteurs séparés par des siècles. Selon mon idée primaire, que je fais évoluer suite à l'étude des pensées de l'un et de l'autre, je pense que la morale est constituée d'un noyau dit objectif entouré d'éléments dits subjectifs. Ainsi le noyau dur objectif -proche selon moi des idées de Dame Mograna- forme des règles de coexistence communes aux peuples intelligibles (comme ne pas tuer sans raison tout ce qui bouge) qui tendent vers le Bien, vers le Cosmos car elles s'opposent au chaos entre les civilisations de l'Alliance par exemple ; tandis que les éléments subjectifs gravitant autour de ce noyau objectif formeraient les idéaux de vie qui sont déterminés en fonction de plusieurs facteurs tel que la religion, ou les traditions d'un peuple, ou d'une race ; ces facteurs provoquent une interprétation subjective des choses susceptibles de faire du bien ou du mal à autrui. La morale n'est pas subjective, tout comme elle n'est pas totalement objective : la morale a plusieurs facettes, telle une pièce de monnaie. La morale peut être à la fois subjective et objective, tout dépend du domaine ou des catégories où elles s'appliquent. Parfois, les deux morales seront d'accord et auront des avis convergents -tuer un homme ou une femme aléatoirement pour des raisons personnelles n'est ni source d'ordre ou de plaisir jusqu'à preuve du contraire pour des gens normalement constitués – tandis que dans d'autres cas, elles s'opposeront ( la question des démonistes dans les forces armées de l'Alliance est en partie intéressante pour cela). Pour moi, il est indispensable que les deux pensées précédentes sont opposées radicalement, de part leurs concepts respectifs mais comme nous l'avons dit auparavant : tout comme l'Ombre et la Lumière, le Bien et le Mal, deux idées contraires peuvent devenir complémentaires et former un ensemble les regroupant, combinant une partie de chacune d'elles.  

V - Conclusion

         En conclusion de ce texte, je dirai que la morale n'est pour moi, pas entièrement subjective, elle possède une part objective. La morale objective constitue une forme universelle, accessible à toutes les civilisations, tandis que la morale subjective est propre aux mœurs d'une société, d'une race, d'un peuple. Chaque morale possède des qualités et des défauts ainsi que certaines zones d'ombre à interpréter, cependant chacune d'elles définit un bien et un mal : ces derniers peuvent changer en fonction d'une pensée mais toutes ont le mérite de vouloir aider les hommes et les femmes de chaque race, peuple, ou société à tendre vers un « Bien ». C'est à nous de garder l'esprit ouvert et de tenter de combiner ces deux morales précédemment exprimées pour déterminer le bon et le juste ainsi que le mauvais et l'injuste : c'est là le propre de la sagesse.
VI - Annotations

(1) : Mograna Sculpterreur : Naine originaire de la ville d'Ombreforge, elle étudie le Cosmos et les Titans depuis les Paluns, où son asociabilité la pousse à vivre au milieu des marécages. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est une femme réfléchie qui étudie avec ferveur les étoiles et les antiques créateurs de l'univers. Autre détail notoire : c'est également une excellente sorcière. Je l'ai rencontré il y a bien des années à la Caverne Lugubre, où elle vient parfois trouver des herbes ne se trouvant pas aux Paluns.


(2) : Père Bartholomew McCarth : Prêtre Lordaeronnais, ancien membre de la Croisade Écarlate, il la quitta après le massacre de la Nouvelle-Avalon. Depuis, il vit à Hurlevent où il s'occupe d'apporter soins et soutien moral aux blessés de l'Armée de l'Alliance. J'ai eu l'occasion de le connaître dans les Maleterres, lors de mes pérégrinations dans cette région. Il a presque failli me tuer, jusqu'à ce que j'arrive à le raisonner. Il m'épargna en échange de quelques services. Depuis, nous entretenons une relation cordiale voir amicale, bien que mon statut et ma profession ne lui plaisent guère et ne l'approuvent point, il tolère donc ma présence.


(3) : Le Cosmos est quelque chose de propre à certains Nains, dont Dame Mograna. Le Cosmos regroupe la Création des Titans toute entière : Nature, magie, mondes et étoiles, etc... Tout appartient au Cosmos, à l'exception des races intelligibles civilisées qui se sont éloignées de ce dernier (certaines à cause de la Malédiction de la Chair, d'autres qui furent corrompues par la Légion : les Orcs par exemple, qui étaient plus proches du Cosmos en vénérant les Éléments plutôt que les démons selon la principale intéressée).
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