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 [DIV] L'Histoire de Pyramond et Théleste par Septimus Kromann.

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Raedric Stornfeld
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Date d'inscription : 15/08/2012

MessageSujet: [DIV] L'Histoire de Pyramond et Théleste par Septimus Kromann.   Ven 12 Oct - 18:55


L'Histoire de Pyramond et Théleste



Avant-Propos

Je propose au Salon une lecture davantage littéraire. En vue de contraster avec ce que nos membres ont l'habitude de produire d'ordinaire mais aussi d'apporter une autre forme de divertissement à nos membres.

Il s'agit d'une histoire autrefois connue et qui ne subsiste aujourd'hui qu'à travers de nombreux classiques, dont le plus connu est paradoxalement une pièce de théâtre très prisée alors chez les Humains de Lordaeron : Romulo et Julia.

Des recherches ont permis non seulement de reconstituer l'histoire originale, mais aussi de découvrir qu'elle fut inspirée de faits réels. C'est un vieil écrivain de Pluie-d'Étoile qui, ému par le destin des deux amants, leur a rendu hommage en leur dédiant cette histoire. Des historiens se sont penchés sur cet homme. Il s'est avéré qu'il fut un écrivain prolifique qui a certainement laissé derrière lui de bien nombreuses histoires dont nous n'avons pu, hélas, retrouver que quelques fragments. Son exil de la cité ne facilite pas les recherches, et les lambeaux de ses manuscrits doivent être éparpillés dans tout Kalimdor nord.

Néanmoins, l'histoire reconstituée ici est complète. Il s'agit de l'histoire d'un amour impossible entre Pyramond, Bien-Né, et Théleste, future druidesse. Leur destin fatal les a réunis dans la contrée que nous appelons aujourd'hui le Berceau-de-l'Hiver, lui proche des fastes d'Azshara, elle des grandes forêts d'Hyjal.

Bonne lecture à tous et à toutes.



PYRAMOND ET THÉLESTE


Pyramond, le plus beau des jeunes hommes, et Théleste, la plus radieuse Kaldoreï que comptait Kalimdor vivaient, dit-on, dans des maisons contiguës au bord du lac Kel'Theril aux reflets d'argent, quand Pluie-d'Étoiles s'y étendait encore. Voisins, ils firent connaissance et grandirent ensemble et, à mesure que le temps passa, l'amour grandit avec eux ; néanmoins, leurs parents s'y opposèrent ; d'une part, on interdit à Pyramond de fréquenter cette fille de caste inférieur ; de l'autre, il paraissait invraisemblable que la douce Théleste s'unît à un Bien-Né. Ce qu'ils ne purent interdire, c'est que tous deux aient le coeur épris et brûlent d'une passion égale. À l'abri des regards, ils se parlent par gestes et par signes, et plus il est caché, plus ce feu est ardent. Une brèche datant de la construction des bâtisses fissurait le mur qu'elles partageaient. Ce défaut que, depuis des siècles, jamais personne n'avait encore remarqué, vous autres, amants ― que ne découvre pas l'amour ? ― vous avez été les premiers à le voir. Vos paroles glissèrent par ce chemin ; par là, en toute sûreté, vos doux propos se croisaient en un murmure diffus. Souvent, quand Théleste et Pyramond étaient installés, elle ici, lui là, et quand tour à tour ils avaient perçu le souffle de leur respiration : « Paroi jalouse », disaient-ils, « pourquoi t'opposes-tu à deux amants ? Que t'en coûterait-il de laisser nos corps entiers se joindre ou, si c'est trop, de t'ouvrir pour que nous puissions seulement nous embrasser ? Mais nous ne sommes pas ingrats ; nous te devons le passage offert à nos paroles vers des oreilles aimées'. Après avoir échangé ces vains propos, assis en des lieux différents, ils se dirent adieu à la nuit tombée, et donnèrent chacun à leur côté de mur des baisers qui ne parvenaient pas en face.

Le jour suivant, à la tombée de la nuit, à l'heure de leur rendez-vous quotidien, l'imprudent Pyramond dépose, sur la fenêtre de son aimée, une petite boîte de bois gravée au nom de Théleste ; tu n'as pas vu, hélas ! l'œil perfide de voisins médisants qui t'ont surpris. Mais par chance, ou par pitié, ils ne rapportent pas ta faute, et ta belle amante peut alors la saisir, sans toutefois t'apercevoir, et s'émouvoir de la douce musique qui en émane alors qu'elle l'ouvre, tout comme de la danse des deux figurines qui tournoient au centre. Théleste susurre alors à la brèche qu'elle voudrait être cette figurine, faire partie de ce ballet ; elle lui promet de la voix de son aimé que son souhait se réalisera. Les jours passent, et leur passion se fait plus ardente. Un autre soir, Pyramond laisse un autre présent à la fenêtre de sa bien-aimée ; cette fois, c'est le frère de Théleste, qui a eu vent de l'attitude du Bien-Né, qui le découvre. Il s'élance sur son ennemi, mais il est bien plus agile que lui ; il se réfugie derrière ses murs, tout tremblant, tandis que Théleste, alarmée par l'agitation, se rue à l'extérieur. Quelle n'est sa surprise quand elle voit alors son frère, ouvrant un coffret rempli de petits animaux de verre. Il en saisit un, un magnifique cerf ― l'emblème de la famille de son amour interdit ― et lui tient ces paroles : « Vois, insolente, ce que je ferai de ton ridicule amant ! » Il maintient le corps du fragile animal d'une main et, de l'autre, il brise ses ramures et casse sa tête, puis le laisse tomber dans le reste de la boîte et s'en va. Pauvre Théleste ! Elle se jette sur le coffret abandonné au sol, s'agenouille, pleure et le couvre de baisers. La Kaldoreï songe, alors, à leur seule union possible ; sitôt rentrée, elle glisse dans les pans de sa robe une fiole de cristal contenant une potion de venin d'araignée et écrit ces quelques mots : « Mon très cher Pyramond, sachant que nous ne pourrons jamais être réunis, je n'ai d'autre choix que de boire cette potion de venin d'araignée. Si tu trouves cette lettre, mon seul souhait est que tu en fasses autant. Qu'Élune veille sur nos âmes. » Elle songe à le glisser dans la faille, mais le courage lui fait défaut ; son seul désir est d'entendre la voix de son aimé.

L'aurore suivante avait chassé les feux de la nuit, et les rayons du soleil avaient craquelé les plaques de givre couvrant le lac ; ils se rendirent à leur rendez-vous habituel. Alors, après mille plaintes murmurées à voix basse, Pyramond chasse les morbides pensées de Théleste et lui promet une union imminente ; ils décident que dans le silence de la nuit ils tromperont leurs gardiens et tenteront de franchir leurs portes ; et, une fois sortis de la maison, ils quitteront même la ville ; pour ne pas s'égarer dans l'immensité des buttes et vallées, ils se rencontreront près du Bosquet Caché et se cacheront à l'ombre d'un arbre. Il y avait là un arbre chargé de fruits abondants, blancs comme neige, un haut mûrier, proche de la grotte menant au sanctuaire. Ce plan leur convient. Le jour, qui leur parut lent à disparaître, est précipité dans les flots, et de ces mêmes flots émerge la nuit.

Cachée dans l'ombre, Théleste fait pivoter avec précaution la porte, sort, en trompant ses proches, puis, le visage voilé, elle arrive à l'orée du bosquet et s'assied sous l'arbre convenu. L'amour la rendait audacieuse. Approche alors un sabre-de-givre à la gueule écumante, toute humide du sang du bétail qu'elle vient de massacrer. De loin, grâce au clair de lune, la Kaldoreï Théleste la voit, et d'un pas craintif se réfugie dans la grotte obscure ; mais dans sa fuite, elle perd le voile qui a glissé de ses épaules, et la fiole de sa robe ainsi que le message. Dans sa chute, il s'ébrèche et son contenu coule doucement à la racine de l'arbre. Dès que le félin féroce fut passé devant sa retraite, il retourna vers le rocher où résident encore les siens et sur sa route tomba, non sur Théleste, mais sur son voile léger, qu'il lacéra de sa gueule ensanglantée.

Sorti plus tard, Pyramond vit, profondément marqués dans la neige, les pas de la bête sauvage, et son visage devint livide. Mais dès qu'il découvrit aussi le vêtement teinté de sang, il dit : « La même nuit perdra deux êtres qui s'aiment ; de nous deux, elle était la plus digne d'avoir une longue vie, je suis coupable. C'est moi, ma tendre amie, qui t'ai perdue, qui t'ai donné l'idée de venir, de nuit, dans ce lieu effrayant, et je ne suis pas arrivé le premier. Déchirez mon corps et, de vos féroces morsures, dévorez les chairs du criminel que je suis, ô sabres-de-givre, vous tous qui habitez au pied de ce rocher ! Mais c'est le fait d'un être timoré de souhaiter la mort » . Il soulève le voile de Théleste, et découvre alors la fiole de poison à moitié vide et le vélin encore lisible, car la neige ne l'a pas encore altéré. Il se lamente et se recroqueville, croyant comprendre trop bien l'attention de son amante lors de ce rendez-vous nocturne ; il pleure et embrasse le vêtement qu'il connaît bien, car les félins ont emporté son corps, et dit : «Maintenant paralyse mon sang comme tu l'as fait pour mon aimée !» Il ouvrit alors la fiole, la liqueur glissant au fond de sa gorge puis, se jugeant indigne d'une mort douce, saisit son arme pour percer ses flancs. Il resta à même le sol, couché sur le dos et son sang jaillit bien haut. Ainsi lorsqu'un tuyau se fend, à cause d'un défaut du plomb, en sifflant il lance avec force à travers un petit trou de longs jets d'eaux qui déchirent et frappent l'air. Les fruits de l'arbre, ainsi aspergés, se transforment, prennent un aspect sombre, et leur racine imbibée de sang et de poison teinta de pourpre les mûres suspendues à ses branches.

Théleste, encore effrayée, revient, pour ne pas manquer son amant, et, de tous ses yeux et de tout son coeur, cherche le jeune homme, brûlant de lui raconter à quels périls terribles elle a échappé. Elle reconnaît l'endroit et la forme de l'arbre, mais la couleur des fruits la laisse perplexe : est-ce bien celui-ci ?, se dit-elle. Tandis qu'elle hésite, elle voit des membres tremblants frapper le sol couvert de sang ; elle fait un pas en arrière et, le visage plus pâle que du buis, frémit comme le lac qui frissonne quand une brise légère effleure sa surface. Mais quand, après un moment, elle reconnut son bien-aimé, elle frappa de coups sourds ses bras indignes de ce sort, s'arracha les cheveux et, étreignant le corps adoré, emplit les blessures de ses larmes, mêlant ses pleurs au sang et au poison, et pressant de baisers le visage glacé. Elle s'écria : « Pyramond, quelle catastrophe t'a arraché à moi ? Pyramond, réponds ! C'est ta Théleste bien-aimée qui t'appelle ; écoute et relève ton visage qui défaille ! » Au nom de Théleste, Pyramond leva ses yeux alourdis par la mort, et, après avoir vu son amie, il replongea dans l'abîme. Théleste aperçu alors la fiole et le parchemin détrempé de sang qu'elle avait négligemment laissé dans sa robe, c'est alors qu'elle comprit ; de même elle vit le fourreau d'ivoire sans l'épée et s'exclama : « Ta main et ton amour t'ont perdu, malheureux ! J'ai aussi une main vaillante, pour ce seul acte, j'ai aussi mon amour : il me donnera la force de me frapper. Je te suivrai dans la mort, et on dira que je suis la misérable cause et la compagne de ton trépas. Et toi, qui ne pouvais m'être arraché que par la mort, hélas, tu ne pourras m'être enlevé, même dans la mort. Quant à vous, nos très malheureux pères, le mien et le sien, entendez nos prières : nous vous demandons tous deux une chose : à ceux qu'un amour solide a unis et que leur dernière heure a réunis, ne refusez pas qu'ils soient déposés dans un même tombeau. Et toi, ô arbre qui couvres un seul misérable cadavre de tes branches, bientôt tu en abriteras deux ; conserve les marques de cette mort et porte toujours des fruits sombres, teintés de chagrins, témoignages d'un double trépas ». Elle cessa de parler et, appliquant la pointe de l'épée sous sa poitrine, se coucha sur la lame, encore tiède de la mort de Pyramond. Ses voeux toutefois émurent Élune et Malorne, émurent les pères ; car la couleur des fruits, dès qu'ils sont mûrs, est foncée, et ce qui subsiste des bûchers repose dans une seule urne.
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