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 [DIV] Recettes d'Amours Perdues, par Cederwynn d'Althain

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Raedric Stornfeld
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Date d'inscription : 15/08/2012

MessageSujet: [DIV] Recettes d'Amours Perdues, par Cederwynn d'Althain   Mar 29 Avr - 18:22

[HRP] Cet écrit a été offert au Salon par la famille Valenfleur en RP. Elle a été présentée au marché du Talandra à Hurlevent, en avril 2014 (34). Ce qui suit n'est donc pas une production du Salon.

Recettes d'Amours Perdues
De Cederwynn d'Althain

PERSONNAGES :

Ernest Quick, pâtissier en devenir.
Jean-Poule Hun, ami d'Ernest, pâtissier en herbe et ancien caravanier.
Magelan Vin, ancien pâtissier devenu cafetier.


PIECE :


L'annonceur, après une arrivée sobre et élégante
Bonsoir, mesdames, mesdemoiselles, messieurs !
Bonsoir, et bienvenue à la représentation de ce soir !
Aujourd’hui, alors que nos ventres s’impatientent des fragrances alentours,
Et que nos palais rêvent de goûter aux merveilles cuisant avec amour,
Nous allons explorer les tréfonds d’une époque qui la pâtisserie marqua, Celle-là même de la découverte du chocolat.
Car ne vous y trompez pas !
Il existait bel et bien une obscure période de perdition à laquelle ce fabuleux délice était inconnu ! Et comme il est toujours plus agréable de savoir ce que l’on mange, voyez, pour vous-même, de quelle manière deux pâtissiers anonymes déjouèrent les ambitions vénales d’un sinistre personnage, et étendirent au monde entier leur fantastique découverte.
Ah, mais j’entends que quelqu’un vient !

Entre Ernest, qui, passant la porte du cabanon et se plaçant devant le public, salue les spectateurs avec entrain et gaieté.


L'annonceur
Ah, ce cher Ernest Quick !

Ernest, un large sourire aux lèvres.
Bonsoir !

L'annonceur
Voilà notre premier gredin !
Alors que celui-ci n’était qu’un chérubin,
Il se voua une véritable religion au pain et au levain !
Autant dire que pour ce messire,
Ce ne sont pas les femmes mais la ripaille qu’il faut chérir !

Ernest, sous un rire franc et au public
C’est une façon de le dire !
Enfin, je ne suis pas venu seul ! Allons, où donc est encore parti se fourrer ce chenapan ?

Jean-Poule, ouvrant la porte du cabanon en hâte.
Il est ici ! *entre ...* Juste là, présent !

Avec l'arrivée de son grand ami, Ernest va se placer aux côtés de Jean-Poule, auquel il offre une accolade sincère.

L'annonceur
Mais c’est donc que voilà Jean-Poule Hun, précurseur de la cuisine moderne ! Alors, où en sont vos projets de nourritures en poudre ?

Jean-Poule
Hélas, c’est encore un problème qu’il me faut résoudre !

Soudain, alors qu'une aura glaciale vient transir Ernest et Jean-Poule, les deux se mettent à frémir.

L'annonceur, un air méfiant au visage et se tournant face au public.
Hola, cela ne me dit rien qui vaille. Guettons, car je gage que voici venir…

Magelan, ouvrant la porte d'un grand coup de pied et entrant, bras vers le ciel.
Votre Avenir ! Magelan Vin, lui-même ! « entre Kiel » Le seul, l’unique. *regarde les deux pâtissiers* Ernest.

Ernest
Magelan.

Magelan

Jean-Poule.

Jean-Poule
Peuh !

L'annonceur

Ah ! Avec l’arrivée de notre troisième personnage,
Voilà que notre joyeuse troupe est prête pour son voyage.
Il ne me reste maintenant plus qu’à terminer ma besogne,
En allant rejoindre avec vous le plancher des vaches pour méditer mon triste de rôle,
Tragique destin d’un annonceur trop au fait de l'échéance.
Enfin ! Que le spectacle commence !

Se saisissant de sa canne, l'annonceur de frapper les trois coups avant d'aller se placer directement au devant de l'assemblée des spectateurs.
Entrent alors Ernest et Jean-Poule, tandis que Magelan sort de scène.


L'annonceur

Les voilà, ces gredins ! Ernest, le boulanger en mal d'aventure et de succès ! Aux côtés d'un Jean-Paul, ancien commerçant de chevaux et de poulains, aux paroles perchées mais à la notoriété égarée. Tous deux aussi perdus que leur gloire, mais pas si oubliés de la bonne fortune. Les voilà qui viennent de mettre la main sur un petit quelque chose qui pourrait leur offrir une chance opportune.

L'annonceur quitte la scène pour aller rejoindre le public.

Ernest, passablement enjoué.
Ceci, je vous le dis, messire !
Cette fève fera notre avenir !
De cette cosse, fade et rêche,
Nous ferons une confiserie pour les Titans !
De cette fève, morne et sèche,
Nous ferons un plat fantasque. Pis ! Abracadabrant !

Jean-Poule, tout aussi excité.
De ceux qui, en un coup de pinceau à beurre,
Vous tournent l’œil, et vous chavirent le cœur.
Ah ! Quelle fantasmagorique nouvelle !
Pressons, pensez-vous qu'elle fera effet sur ma belle ?

Ernest, poings sur les hanches.
Un filtre d'amour ? Jean, pourquoi ne voir que votre nez ?
Avec ceci, je vous parle de gloire, d'absolue notoriété !
Allons, n'en avez-vous jamais rêvé,
Vous, ancien marchand et caravanier,
Dont les chevaux, comme les recettes, n'ont jamais été prisés ?

Jean-Poule, se fendant d'une petite moue.
Certes, oui, voilà que vous trouvez les mots,
Mais quelle en serait la force, à ces traîtres lettres,
Si vous faites fortune, privé de votre mirabeau ?
Oh, cher ami. Je ne suis pas doué de votre aisance pour le paraître.

Jean-Poule s'écarte légèrement, une main dos contre son front et l'autre tendue devant lui.

Ernest
Allons, Jean... Allons ?
Que vous voilà mélancolique ?
Est-ce notre éloignement, sont-ce ces baluchons ?
Qui de notre sol font office de tapis certes rustiques,
Mais qui, surtout, notre vagabondage vous rappelle ?
Eh bien, vous dis-je ! Vous la reverrez, cette jouvencelle !

Jean-Poule, se retournant, enjoué.
Pertinent, comme à votre habitude !
Me voilà ragaillardi ! D'une ardeur rude !
Pressons, Ernest, pressons !
Mettons fin à cette errance que je ne saurais souffrir !
Quittez votre lavallière et tombez ce veston !
Et greffons ces petites têtes d'un nouveau sourire !
Regardez ici, je crois tenir une idée qui a du bon,
Mais risque fort, cher ami,
De changer définitivement nos vies.

L'annonceur, revenant sur le devant de la scène.
Et voilà que nos rêveurs, désormais plus bercés par l'odeur, tantôt âcre et brûlée,
Tantôt alléchante et sucrée, de recettes prometteuses que par leurs anciens songes à se perdre au milieu d'alambics, de chaudrons et de spatules.
Ce n'est que plusieurs jours plus tard qu'ils finissent leur œuvre, incrédules.

Ernest et Jean-Poule se tiennent devant une table recouverte de farine, de truffes et de fèves de cacao. Voûtés, ils semblent admirer ce qui doit être le fruit de leur labeur.

Ernest, se dandinant sur place, impatient.
La voilà, belle, splendide,
Encore pure, jeune, candide,
Mais tellement prometteuse,
Et si somptueuse !
Mais bon sang, ce goût, si subtil !
J'en ai les papilles qui frétillent.

Jean-Poule, allant lui offrir une tape sur l'épaule.
Cher ami, voici qui lance notre carrière !
Mais tout de même, et sans verser dans les manières,
Vous conviendrez qu'un autre nom, il nous faut trouver,
Pour que notre merveille, le temps vienne marquer.

Ernest, s'écartant quelque peu, songeur.
Certes. C'est bien que cacao sonne un tantinet... barbare.
Je ne souffrirais que cette recette soit entachée d'une pareille tare.
Mais alors, quoi ?
Une idée, vite. Cette recette fut une révélation, un choc.
Et à la cuisine, nul doute qu'elle viendra donner le « la ».

Jean-Poule
Et bien voilà ! Pourquoi ne pas la baptiser « chocolat » ?

Ernest
N'est-ce point un brin facile ?

Jean-Poule
Hé, c'est qu'il faudrait être subtil ?
Maintenant que je la vois, à Sargeras, mes rêves de gloire,
Adieu ma soif de fortune !
Il n'est qu'une chose que je désire !
Que cette merveille, tous, recouvre de plaisir !
Allons ! Nous la marierons avec des prunes !
Et ce tantôt, pourquoi pas nappant une poire ?
J'y vois bien, cette fois, une touche de persil !

Ernest, allant vers le public, incrédule.
Du persil ? Dans du chocolat ?
Allons, ce seront les vapeurs qui vous font dire n'importe quoi !
Mais soit, optons pour cela ! Voici venir le temps du chocolat !

L'annonceur
Un vent froid vient soudain mordre nos pauvres compères, alors que la porte de leur cabanon s'ouvre sur le plus triste des hères.


A ce moment apparaît Magelan qui, surgissant tel un diablotin de la porte du cabanon, s'avance vers nos héros sans plus de raison. Avec lui arrivent frissons, doutes et suspicions. Ernest et Jean-Poule, quant à eux, sursautent de concert.

Mangelan, droit et fier.
Haha ! Voilà un bien audacieux sobriquet, messieurs,
Pour cette petite perle qui fera notre joie, morbleu !
Eh bien, qu'est-ce donc que ces visages pleins d'émois ?
C'est que vous ne me reconnaissez pas ?
C'est pourtant bien moi, le seul, l'unique,
Magelan Vin, le magnifique !
Mais je vois bien, à vos mines déconfites,
Qu'il vous faut que mon histoire vous profite !

Ernest, s'avançant vers l'impudent.
Hola, 'Lan Vin, pas si vite !
Outre ta présence, aussi farfelue qu'inexpliquée,
Précise-moi d'abord, de ta visite,
Ce que tu cherches à retirer ?

Magelan, mimant l'outrage.
Eh bien quoi ? Douterais-tu de moi ?
Oh, Ernest ! Après toutes ces années !
Je ne compte plus les pâtisseries que nous avons vu cuire !
Combien d'Alterac-Lordaeron ? Combien d'éclairs, à la chaîne ?
Quid de nos strüdels ? Pourquoi cette haine ?
Moi qui ne cherche qu'à te ravir !

Jean-Poule, au public.
Magelan a toujours versé dans la surenchère.

Magelan, continuant sur sa lancée.
Ensemble, nous avons monté nos premiers blancs en neige !
Nous les avons vu grandir, prendre du volume,
Jusqu'à devenir divins, splendide ode à notre art !
Et maintenant, en moi, ta confiance se désagrège ?
Que faut-il au destin pour te faire quitter cette amertume ?

Jean-Poule
, s'approchant, excédé.
Par pitié, de ton emphase fait nous grâce !
Qui de ton jeu, qui de tes frasques !
Ta seule personne, Magelan, nous lasse !
Mordrions-nous à cet appât fantasque ?

Magelan
Je reconnais bien là ton esprit de commerçant,
Toujours sur le qui vive, assurément..
Pour qu'un vieil ami en vienne à douter de ma sincérité,
Il faut qu'il ait été caravanier !
Paranoïaque, à n'en point douter !

Ernest
Est-ce donc un hasard,, en ce cas, que cette arrivée impromptue ?
Alors qu'il y a de cela dix ans que nous nous étions vu,
Corrigez-moi, Jean, nous finissions sur une déconvenue ?

Jean-Poule, approuvant.
Celle-là même, au risque de me fourvoyer,
Au cours de laquelle, après nous avoir dénigré,
Tu quittais notre maître, en hâte et en braies,
En nous jetant au chef ton amour pour le... café ?

Magelan, s'écartant dans de grands mouvements surjoués.
Pah ! Cette stupidité ! J'aurais dû m'en douter !
Ignares que vous êtes, idiots trop bornés !
Comment ais-je pu croire ouvrir vos esprits étriqués !
Je ne compte plus maintenant les mois et années,
Qui ont su faire de moi un autre cuisinier.
Pendant que vous vous perdiez dans votre absurde recherche utopique,
Je me suis lancé à corps perdu dans un voyage fantastique !
J'y ai rencontré de fabuleuses gens, comme vous ne sauriez imaginer.
Ils m'ont ouvert les yeux, fait voir la vérité !
Et la voici : l'avenir n'appartient pas aux chefs étoilés.

Ernest
C'est un peu fort en café !

Jean-Poule
Le comble, pour un chocolatier !

Magelan
, se retournant vivement.
Chocolatier ? Voilà un affront que je ne saurais tolérer !
Il y a bien longtemps que cette nature j'ai su transcender.
Désormais, je suis bien plus qu'un simple cuisinier.

Dans un large mouvement, Magelan arrache sa tenue aux tons marrons pour dévoiler un infâme uniforme vert et noir, frappé du triste sigle d'une sirène au milieu d'une étoile. Ernest et Jean-Poule reculent tous deux, horrifiés, voire écœurés.

Jean-Poule
La maison de la Sirène, j'aurais du m'en douter !
Il faut être né avec une cuillère à café dans la bouche,
Pour pouvoir jurer par un comportement si louche !
Dis-moi, Magelan, combien t-ont-ils promis ?
Pour que notre découverte tu vicies ?

Magelan, arpentant la scène.
Mais rien, mon beau Jean, au contraire !
Je te le dis, te l'assure, vieux frère,
Cette chose que tu as découverte,
Non seulement conduira à ta perte,
Mais fera notre grandeur, notre richesse et notre pouvoir !
Notre café le peuple rendra addict, et le chocolat lui en donnera l'envie !
Mêler besoin et désir, le parfait mariage pour l'asservir !
Nous remplacerons leurs croyances par nos pères collateurs !
Nous sommes universels, dans l'ombre de chacune de vos institutions.

Ernest, revenant à la charge, drapé aussi bien de sa dignité que de son tablier.
Tu vas trop loin, voilà que la moutarde me monte au nez !
Vouloir dénaturer la crème de notre art pour pareille avarice ?
Je ne laisserai pas notre avenir succomber à ton vice !
En garde, manger !

Jean-Poule, brandissant un rouleau à pâtisserie vers Magelan.
Arrière, cuisine !

Magelan
Haha ! Maroufles, vils butors !
Vous apprendrez que vous avez tort !
Car la poussière je m'en vais vous faire mordre !
Rouleaux au clair, marauds ! Ce sont bien vos cous que je vais tordre !

C'est alors qu'Ernest dégaine une étrange Kafatière d'un revers de son tablier, au grand étonnement d'un Magelan désemparé. Ce dernier, s’arrêtant net, lève les mains vers Ernest dans l'optique de l'apaiser.


Magelan
Ernest, ne fais pas l'imbécile.
Je ne sais d'où vient cette merveille, mais elle est fragile.
Repose-la, de grâce,
Tu manipules une force qui te dépasse !

Ernest
Et bien soit, la voilà, et grand bien t'en fasse !
Va a Sargeras, et avec ton café, je souhaite que tu trépasses !

Ernest envoie la Kafatière  sur un Magelan surpris qui se jette pour la rattraper au vol. Pendant ce temps, Jean-Poule en profite pour asséner un coup d'estoc avec son rouleau à pâtisserie au vil Magelan qui en tombe à genoux, rouleau sous le bras.

Jean-Poule
Prends ça, ô pauvre hère !
Voilà le seul destin de qui met son grain de sel dans nos affaires !

Magelan, rendant son dernier soupir.
Tout ce que j'ai fait... je l'ai fait pour le Moka...

Magelan chute, face contre terre, alors qu'une marre de café se répand déjà sous lieu. Approche l'annonceur qui, quittant le public, se rend au milieu des trois acteurs.

L'annonceur
Ainsi s'achève les absurdes ambitions de la maison de la Sirène, nous rappelant par la même occasion que les plus grands conflits sont parfois au plus loin des fronts,
Et qu'une bonne dose de culot saupoudré d'un nuage de chance permettent rarement de sauver le monde et sa population des plus sombres machinations.


(Le titre étant bien entendu une référence à l’œuvre « Peines d'amour perdues » de sir William Shakespeare.)[/b][/b]
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